Partager l'article ! Qu'ils s'en aillent tous ! Vite, la révolution citoyenne: Ca y est ! Je l'ai lu, ce Qu'ils s'en aillent tous ! Vite, la révolution citoyenn ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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Ca y est ! Je
l'ai lu, ce Qu'ils s'en aillent tous ! Vite, la révolution citoyenne ! Et je dois dire que j'ai été limite déçu. A voir et entendre les réactions qu'il a suscité dans les médias, je dois
dire que je m'attendais à un brulot autrement plus radical. En fait, J.-L. Mélenchon prouve qu'on peut garder une grande modération et faire preuve d'une pédagogie exemplaire en proposant rien
moins que la sortie du capitalisme. C'est important, de ne pas passer pour un excité, dans notre temps médiatique.
Sur le fond en lui-même, j'emet quelques réserves quant au discours, notamment en matière d'écologie. D'ailleurs, à titre personnel, je me refuse à utiliser ce terme. Je lui préfère celui, moins ambigu, d' "environnementalisme", au risque de passer aux yeux de l'écologie politique officielle pour un dangereux réactionnaire. C'est la même démarche, d'ailleurs, entreprise par M. Mélenchon lorsqu'il rabat le caquet de ceux qui prétendent "sauver la planète". Sauver l'écosystème qui permet à l'humanité de vivre, c'est sauver l'environnement. Il y a quelques leçons à tirer de cette distinction.
Aussi, j'ai constaté avec plaisir que, dans ce livre, J.-L. Mélenchon s'abstenait d'adopter une position trop dogmatique en matière d'alternative au nucléaire. Vues les (nombreuses) défiances à l'égard de la géothermie, notamment en matière de santé publique, il serait pour le moins malavisé d'en faire la panacée. Là, dans ce livre, il s'est abstenu en la matière du jugement péremptoire qu'il a manifesté dans de nombreuses émissions télévisuelles et radiophoniques au cours des derniers mois. En disant (je cite de mémoire) que "des scientifiques de haut niveau [l'ont] aiguillé sur la voie de la géothermie", il laisse très clairement entendre que d'autres solutions sont tout à fait envisageables. Surtout, il laisse la main à la science et à la technique pour trouver les solutions de substitution à l'énergie nucléaire actuelle. Car il en est d'autres, paraît-il, qui, quoique reposant sur l'exploitation de l'énergie nucléaire, seraient moins nocives. Un type un peu illuminé comme Jean-Pierre Petit les expose d'ailleurs depuis des années à travers son site internet, ses brochures et même les bandes dessinées pédagogiques qu'il concote pour la jeunesse.
Passons sur le volet environnementaliste et énergétique et abordons à
nouveau le point qui fache : la Chine. Dans son ouvrage, contrairement à ce que j'ai pu entendre ici ou là, il ne se contente pas de poser l'alternative en les termes "la Chine ou les États-Unis
d'Amérique, il faut choisir". Du tout. Au contraire, il y cite la nécéssité d'une entente avec la Russie et il dénonce la tentation mondialiste du G2, cette régence partagée entre Chine et
États-Unis d'Amérique. Il est dommage qu'il n'ai su, face à ses contradicteurs, mettre en avant ces positions bien plus subtiles que les caricatures qu'on a voulu en faire. Quant à l'altercation
entre lui et Michel Sérillon lors de l'émission "Vivement Dimanche" du sept novembre dernier sur les droits de l'homme en Chine, je trouve qu'il s'y est très mal débrouillé. En effet, il eût pu
alléguer de deux choses complémentaires : d'abord, tel n'était pas le propos de son livre, qui porte exclusivement sur le point de vue français. Ensuite, était présente dans son livre un passage
très clair sur la question (et sur bien d'autres), que je cite de mémoire : "Le régime chinois ne nous convient pas. Les conditions de vie des Chinois ne nous conviennent pas. Très bien. Mais
faut-il pour autant s'interdire de nouer avec eux un partenariat qui nous serait profitable au lieu de rester inféodé aux États-Unis d'Amérique ?" Bref, il serait de l'intérêt de la France de
nouer un tel partenariat.
Au risque de me répéter, je tiens quant à moi à écrire clairement ma position : compte-tenu du passif des relations établies entre nos deux pays depuis Saint Louis, de la position
actuelle de la Chine dans le monde et dans les économies occidentales et européennes et du présent assujétissement de toute la portion financière de notre économie nationale aux États-Unis
d'Amérique dont le comportement vis-à-vis de leurs alliés et partenaires, depuis leur création il y a un peu plus de deux siècles, est pour le moins peu fiable (la liste des longue de leurs
alliés floués à leur seul bénéfice, et la France y figure déjà depuis longtemps et a eu à subir à de nombreuses reprises leur filouterie), il serait souhaitable que soit en effet noué un
partenariat particulier entre la France et la Chine. Mais ce partenariat ne doit pas être trop étroit, car la Chine a eu et aura à l'avenir des prétentions impérialistes (qui ne se traduiront pas
nécessairement en termes militaires) et que, pour la première fois de l'histoire, une puissance à la fois fortement importatrice et exportatrice dispose des moyens de peser sur l'économie
mondiale. Il ne faut pas nous mettre nous-mêmes dans une situation où un allié circonstanciel (mais y a-t-il d'autres alliances que circonstancielles ?) pourrait nous tenir à la gorge. C'est
pourquoi je préconise, en préhalable à l'échaffaudage d'une telle relation avec la Chine, l'établissement d'un partenariat étroit avec la Russie, avec laquelle nous pouvons établir une relation
plus équilibrée, ce qui nous permettrait de faire peser en partie cette autre grande puissance historique, diplomatique et géostratégique dans nos relations avec la Chine.