Misère de la vie publique

Publié le par Brath-z

Il paraît que les villepinistes se comptent...

 

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai vraiment du mal à m'y intéresser...

 

Suis-je le seul à être sidéré par la brutale reculade du niveau de la vie publique et politique française ?

Rien que cet exemple frappant : les nouvelles lignes de fracture au sein des partis et "familles" politiques.
Je me souviens qu'il y a quelques années, lors de l'opposition interne entre fabiusiens et jospiniens, des journalistes avaient brocardé le PS, "un parti de supporters". A la même époque, la droite, et spécialement le RPR, était elle aussi traversée de divisions, mais la ligne de fracture se situait sur le plan idéologique et non pas personnel : les deux questions primordiales de l'époque étaient l'avenir de l'héritage du gaullisme et l'alignement ou non sur la ligne libérale conservatrice européenne de la droite française. Certes, dans chaque "camp", on avait des figures emblématiques, mais la mobilisation politique ne tenait pas qu'au charisme de telle ou telle tête de file.
D'ailleurs, il me semble qu'entre l'élection de Michelle Alliot-Marie et la fondation de l'UMP, le débat soit resté coincé à ce stade, "le cul entre deux chaises", sur un drôle de consensus gaullo-libéral européaniste.

Mais depuis que Nicolas Dupont-Aignan a fait sécession de l'UMP et que le Parti Chrétien Démocrate a choisi de faire profil bas au sein du grand parti de la droite "de gouvernement", les lignes de fracture en son sein se sont teintées fortement de personnalisme, la même tendance brocardée une décennie plus tôt au PS, aujourd'hui encensée au point de constituer dans certaines des feuilles les moins inspirées une véritable "saga politique".
Ainsi on a vu surgir en quelques années des "courants" tels que le coppéisme, le villepinisme, sans oublier bien sûr le sarkozysme, qui était au départ un objet politique et idéologique clairement identifié (ligne "occidentale" a-gaulienne et libérale) avant de devenir après le référendum de 2005 un "courant" essentiellement opportuniste. Le plus grave : si on ne trouve guère de différence d'orientation politique entre ces "courants", ce n'est pas parce qu'ils sont sur la même ligne, mais parce que tous ne sont qu'agglomérats incohérents de positions contradictoires entre elles.

Pendant ce temps, au PS, on apprend l'existence du ségolènisme (on comprend que les journalistes et les partisans de Mlle Royal aient voulu éviter d'utiliser "royalisme"), de l'aubrysme, du delanoisme ou même de l'émanuellisme ! Autant de "ismes" qui ne traduisent pas de lignes de fractures réelles mais de simples tactiques politiciennes, puisque les trois derniers se sont entendus pour vaincre le premier au cours du congrès de Reims.

Et je ne préfère même pas parler de la dilution de tous les débats internes de la "famille écologiste" (dite aussi "mariage de la carpe et du lapin") à travers la concurrence (très largement mise en scène, à mon avis) Duflot/Joly/Cohn-Bendit.
Sans oublier les querelles du même ordre présentes à gauche (FdG d'où émerge un "mélenchonisme" contesté et de plus en plus concurrencé) et à droite (FN tiraillé entre "marinistes" et "goldnischistes") de "l'arc central"...

Bref, nous sommes entrés dans une période où la tactique a supplanté la stratégie, où le débat d'idées tend à se réduire à la sensibilité des individus...

Dans ce contexte, on m'excusera de ne prêter qu'un intérêt poli aux "villepinistes"...

 

 

 

 

Publié dans Mots d'humeur

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