La France n'est pas un pays occidental

Publié le par Brath-z

Ces derniers temps, on voit pas mal de blogueurs, intellectuels, hommes politiques, diplomates, journalistes, etc. intégrer la France au monde occidental. A mon avis, cette frénésie d'occidentalisme a pour cause la volonté clairement affichée par notre président de la République actuel d'arrimer la France, son armée, sa diplomatie, au géant amérique-unien. Pour justifier des ruptures qui vont contre les intérêts de la France, des réalignements aux dépends de nos traditions diplomatiques, certains (très visibles dans les "médias dominants", autrement dit à la téloche) n'hésitent pas à professer que c'est là le rôle dévolu à notre pays et à notre nation que de faire pleinement partie de cet espace politique et culturel qu'est l' "occident".

Or la France n'est pas un pays occidental.

Entendons-nous bien, quand je dis que la France n'est pas un pays occidental, je veux dire qu'elle ne fait pas partie de l'occident, au sens actuel du mot. Parce qu'employer le mot "occident" au sens actuel ou au sens du début du XXème siècle, ça change tout.

L'occident au début du XXème siècle, c'est l'Europe géographique. Certains, déjà, y associent les Etats-Unis d'Amérique. La dénomination est utile, car elle permet de distinguer les pays d'Europe de leurs vastes empires coloniaux, dont la désagrégation a commencé déjà dès la première moitié du XIXème siècle (indépendance des colonies aux Amériques de l'Espagne et du Royaume-Uni). D'un terme purement géographique au départ on a fait un terme politique puis diplomatique et, très rapidemment, idéologique. L' "occidentalisation" adoptée par la Turquie, le Japon et quelques autres pays, c'est en fait l'alignement économique et sociétal (éventuellement institutionnel, jamais social) de pays extérieurs à l'entité géographique européenne sur les pays d'Europe - en ôtant du modèle les colonies.
En d'autres termes, la "modernisation" économique à base de développements industriel et agricole intensifs et l'adoption de moeurs "à l'occidentale" (une certaine distance entre le politique et le religieux, l'obtention de libertés individuelles, etc.). Sauf que ces adaptations d'une partie du modèle occidental (effectivement assez cohérent) se sont faites dans des cadres sociaux voire institutionnels totalement différents. Ainsi l'occidentalisation du début du XXème siècle a-t-il donné naissance à une myriade de modèles de société différents. Ce qui explique que malgré la réalisation effective de l'occidentalisation, il ne soit jamais venu à l'idée d'un quelconque intellectuel, diplomate ou autre d'élargir la notion d' "occident" aux pays "occidentalisés".

Donc la notion d'occident à cette époque a évolué d'une considération géographique (l'Europe par opposition aux colonies) à une considération politique (un modèle de société, c'est-à-dire un quadruple modèle économique, social, sociétal et institutionnel, dont les caractéristiques se retrouvent dans toutes les nations d'Europe malgré de nombreuses dissemblances par ailleurs, qui résultent très probablement de facteurs historiques, culturels, religieux et anthropologiques, donc pas politiques).

Pendant la guerre froide, la notion d'occident a prit un sens idéologique. Elle a servi à qualifier les "valeurs communes du bloc de l'ouest", en fait les valeurs idéologiques de la démocratie libérale amérique-unienne. Parfois, elle a désigné le bloc de l'ouest lui-même.
Cette confusion entre "valeurs" (réalité idéologique) et "bloc" (réalité diplomatique) est le symptome de la domination de la vision amérique-unienne. En effet, du point de vue des Etats-Unis d'Amérique (et d'eux seuls, ou presque), le choix du bloc de l'ouest ne peut qu'aller de pair avec celui des valeurs occidentales. De fait, l'expression "valeurs communes du bloc de l'ouest" relève du non-sens le plus total si l'on a pas en tête ce présuposé.
C'est durant cette période de vives tensions entre quatre blocs antagonistes (oui, quatre : l'est, l'ouest, le tiers-monde et les non-alignés, j'y reviendrai plus tard dans la note) qu'on a intégré des pays comme le Japon, l'Iran, la Turquie dans l' "occident". Parce qu'idéologiquement parlant, du point de vue amérique-unien, ils adhéraient aux "valeurs communes du bloc de l'ouest". Pourquoi pouvait-on dire qu'ils adhéraient aux valeurs communes du bloc de l'ouest ? Parce qu'ils faisaient partie du bloc de l'ouest. La conception est fort simpliste et ne recouvre que très partiellement la réalité diplomatique de l'époque, mais elle présentait alors l'avantage de repousser ad vitam aeternam la confrontation idéologique (et même logique tout court) aux contradictions du "monde occidental". De fait, certains pays - le Japon notamment - ont intégré de plus en plus ces fameuses valeurs communes. Peut-être sur une durée plus longue qu'une quarantaine d'années ces valeurs seraient-elles devenues effectivement communes.

Sauf que l'URSS s'est éffondrée.

L' "occident" - lorsque ce nom recouvrait le bloc de l'ouest lui-même et non plus seulement ses prétendues "valeurs communes" - ne maintenait sa cohérence que par la présence d'un adversaire. Non pas un adversaire idéologique mais un adversaire diplomatique - éventuellement militaire, mais la Guerre Froide a pas duré assez longtemps. La disparition de cet adversaire aurait logiquement dû entraîner la disparition de l' "occident" comme réalité diplomatique. De fait, les pays "occidentaux" les moins liés aux fumeuses "valeurs communes" s'en sont détaché rapidemment, une bonne partie du reste a mit une bonne décénnie avant de le faire à son tour.
Mais l' "occident" comme ensemble de valeurs, alors ? Pourquoi aurait-il dû disparaître ? La victoire contre son adversaire idéologique (et non plus diplomatique) ne pouvait au contraire que proclamer sa supériorité (raisonnement typique du matérialisme luthérien : si un système s'éfondre, ce n'est pas parce que des contingences extérieures ou intérieures ont provoqué son éffondrement mais parce que les principes et idées à la base de ce système n'étaient pas valables, ou alors moins que ceux du système resté debout... dit simplement : "si t'as perdu, c'est parce que t'es un perdant").

Donc l'occident entendu comme système de valeurs était triomphant tandis que l'occident en tant que réalité diplomatique explosait. Ce qui fait que ne reste plus que les principes et valeurs.
C'est peu ou prou la situation d'aujourd'hui.

Si l'on regarde le point de vue de la France, maintenant :

- jusqu'à la seconde guerre mondiale, la France fait partie de l'occident entendu comme étendue géographique (l'Europe et l'Amérique du nord) puis comme modèle politique (modèle dont l'influence correspond peu ou prou à la réalité géographique de l'occident, ce qui tombe bien)
- pendant la guerre froide, la France fait partie du bloc de l'ouest, donc de l'occident diplomatique
- mais pendant cette même période elle s'oppose parfois très fermement à l'occidentisme (ce néologisme d'Alexandre Zinoviev qualifie l' "occident" entendu comme idéologie), ce qui est incompréhensible pour la logique de pensée amérique-unienne et engendre des répercutions quelquefois importantes sur l'appartenance de la France à l'occident diplomatique
- depuis la chute de l'URSS et la fin de la guerre froide, la France s'est rapprochée de la seule superpuissance mondiale (ce qui est bien compréhensible) sans pour autant faire évoluer son système de valeurs vers l'occidentisme
- depuis les années 2000 (et a fortiori depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République), la France adhère à grands pas à l'occidentisme (les fameuses "valeurs communes du bloc de l'ouest" de la guerre froide, réactualisées dans un monde prétenduement unipolaire) au prétexte... qu'elle y adhère déjà vu qu'elle fait partie du monde occidental (mode de pensée très amérique-unien)

L'élément clé pour comprendre la position extrêmement ambigüe de la France vis-à-vis de l'occident réside dans l'orientation diplomatique française durant la guerre froide, cette période qui a mérité à elle seule deux tirets dans mon résumé alors que les autres n'en avaient qu'un seul.

La guerre froide démarre réellement en 1947, avec la fermeture du fameux rideau de fer. La France et le Royaume-Uni sont les deux seuls pays d'Europe a figurer au rang des vainqueurs (malgré la défaite française de 1940, l'occupation de la moitié du pays et l'assujétissement des autorités civiles de la France "nono" (pour "non occupée")... merci mon général !). Ce sont en plus les deux seuls empires coloniaux d'Europe à n'avoir pas été totalement démembrés. Et ce sont les deux puissances "décidantes" de l'Europe géopolitique (qui intègre au XIXème siècle l'empire de Russie et l'empire Ottoman) depuis 1815 (l'Allemagne, la troisième puissance décidante, ne l'aura été que sporadiquement et n'est jamais parvenue à étendre son influence en dehors de l'Europe de l'est, son pré carré).
Les deux "vieilles puissances" pensent avoir conservé leur supériorité diplomatique sur le reste du monde ; elles entendent en tous cas traiter d'égal à égal avec les deux grands gagnants de la guerre, les Etats-Unis d'Amérique et l'URSS. Elles adhèrent toutes deux à l'OTAN et font même partie de son commandement intégré. Elles siègent au conseil de sécurité de l'ONU et disposent rapidemment de l'arme nucléaire. Diplomatiquement, elles se sont placées dans le monde "non communiste" mais ce n'est pas pour autant qu'elles adhèrent aux valeurs du libéralisme amérique-unien. Elles ont rejoint l'OTAN pour bénéficier d'une protection militaire en cas d'invasion armée, le danger étant infiniement plus grand de voir débouler les chars de l'armée rouge que les avions de l'US air force. L'affaire du canal de Suez (où elles avaient fait alliance avec Israël pour reprendre le contrôle du canal nationalisé par Nasser, avant de se faire rabrouer par les Etats-Unis d'Amérique et par l'URSS) a bien fait comprendre aux vieilles puissances que le temps était aux jeunes loups aux dents longues. Il fallait choisir son camp. Evidemment, le bloc de l'ouest.

L'arme atomique permit une certaine indépendance vis-à-vis des Etats-Unis d'Amérique, et la France en profita pour marquer sa différence d'avec le camp occidental. En substance, le message était : "nous sommes dans le camp de l'ouest car tel est notre intérêt, mais nous n'adhérons pas à l'occident". C'est également cette pseudo-doctrine diplomatique qui a conduit les autorités françaises de la IVème République puis de la Vème République à se tourner vers la construction de l'Europe.
En 1958, de Gaulle alors nouvellement élu président de la République demande aux Etats-Unis d'Amérique et au Royaume-Uni une organisation tripartite du commandement intégré de l'OTAN, afin d'utiliser ce potentiel militaire non seulement pour contrer l'influence du bloc de l'est mais aussi (et surtout) pour préserver les intérêts de la France, qu'il conçoit comme directement liés à ceux de l'Europe. Face au refus, la France quitte le commandement intégré en 1966 - depuis 1959, les forces navales et aériennes françaises sont soustraites de l'alliance militaire, les Etats-Unis d'Amérique ont dû retirer leurs troupes stationnées en France, les armes nucléaires étrangères ont dû être rapatriées dans leur pays d'origine - et accentue son implication européenne, déjà décisive.
Quelqu'ai été le gouvernement de la France, il n'a jamais considéré l'Europe comme un supplétif du "monde occidental" ou "bloc de l'ouest". Le désir et l'objectif clairement affiché à la construction européenne était de pouvoir "voler de ses propres ailes". De Gaulle disait "oui" à l'Europe européenne, "non" à l'Europe américaine - dont la tête de pont était, estimait-il non sans raison, le Royaume-Uni -, Pompidou remettait tous les quatre matins la question de la Communauté Européenne de Défense sur le tapis - sans succès -, Giscard d'Estaing souhaitait une unification monétaire et diplomatique - la première s'est faite partiellement avec l'Euro, la deuxième avec le traité de Lisbonne -, Mitterand voulait carrément assujétir la souveraineté nationale à une souveraineté européenne - qui s'est accomplie dans les faits avec la création de la citoyenneté europe-unienne. Dans tous les cas, l'Europe était conçue à l'avantage de la France, même si certains au sommet de l'état avaient une tendance à l'européisme béat et inconditionnel.

De même, le fameux couple franco-allemand peut se lire dans cette perspective. L'Allemagne divisée, la RFA était un "géant économique" mais un "nain politique" selon le mot de de Gaulle. Le couple franco-allemand, c'était la garantie de bénéficier d'une alliance gagnant-gagnant : la force militaire, la diplomatie et le potentiel agricole français alliés à l'économie indrustrielle, les réseaux banquaires et la rigueur économique allemands. L'Allemagne a été plus intégrée dans l'occident que la France, aussi bien diplomatiquement qu'idéologiquement, mais c'était plus par intérêt que par adhésion. Ne pouvant se permettre de développer une voie propre à elle, ne pouvant édicter les "règles du jeu", l'Allemagne (aussi bien l'est que l'ouest) s'éfforçait d'être à la première place dans le cadre fixé de l'extérieur, afin d'être le plus à même d'obtenir une véritable indépendance (la RFA était la démocratie libérale type tout comme la RDA était la démocratie populaire type, avec toutefois quelques achoppements ponctuels).
Le couple franco-allemand se conçoit donc comme l'expression du désir d'indépendance de l'Allemagne, pas vraiment en position de se développer et la volonté d'insoumission de la France, qui n'avait pas les moyens de ses prétentions.

D'ailleurs, à une époque, au milieu des années 1960 (de 1962 à 1969 pour être précis), la France avait même carrément... changé de camp ! Non, elle n'est pas passé dans le bloc de l'est, loin de là, simplement, elle s'est voulue le hérault des fameux "non-alignés". D'abord en reconnaissant la Chine communiste, ensuite en s'alliant avec la Yougloslavie de Tito, puis en nouant des relations de franche amitié avec l'Inde de Nehru, enfin en se rapprochant de l'Egypte de Nasser. La position paraît aujourd'hui intenable : une nation impérialiste (le fameux "pré carré africain" de la France) membre de nations non-alignés ? C'est que la situation était plus complexe qu'une partie de tarot à trois.
En réalité, il y avait quatre camps dans la guerre froide, dont un seul était cohérent idéologiquement parlant (le bloc de l'est), deux militairement parlant (l'est et l'ouest) et trois diplomatiquement parlant (l'est, l'ouest et les non-alignés). Reste le vrai "tiers-monde". A l'origine, cette expression désigne les pays qui n'ont pas tranché entre les deux blocs. Mais très rapidemment, une distinction s'est faite entre ceux qui ne choissaient effectivement pas et ceux qui choisissaient... autre chose. Les emmerdeurs de service, quoi. Pas étonnant que la voie ait parue tentante pour la France, nous sommes des emmerdeurs depuis fort longtemps.
Cet "autre chose" choisi par certaines nations - les non-alignées - c'était en fait la coopération diplomatique entre des pays qui souhaitaient conserver leur indépendance diplomatique et militaire, leur spécificité culturelle et leurs principes propres. Le camp des nations souveraines, pourrait-on dire si cette appellation ne laissait pas entendre que les autres ne l'étaient pas (la plupart l'étaient, souveraines, que ce soit au sein du tiers-monde ou des deux blocs... dans certains cas, la souveraineté était à portée limitée, c'est tout). Cette vision coopérative entre nations souveraines correspondait tout à fait à la vision gaullienne de la diplomatie française, ainsi d'ailleurs qu'à l'histoire de la France tout au long du XIXème et du XXème siècles. Elle se devait d'être le pendant international de l'aventure (avortée) de la participation gaullienne : des nations souverainnes qui coopèrent, chacune formée de régions fortent qui participent à l'exécutif, tandis qu'au sein des unités de production les travailleurs participent au capital entreprenarial par l'intéressement et à la gestion entreprenariale par les comités d'entreprise.

Donc à une époque, histoire de bien marquer sa différence par rapport au reste de l' "occident", la France avait opté pour la souveraineté nationale par opposition à la solidarité "occidentale".

En tous cas durant la période de la guerre froide et sous quelque gouvernement que ce fut, la France n'a jamais été que partiellement intégrée à l'occident diplomatique et pas du tout à l'occident idéologique (les fortes accointances entre la France et les nations "occidentales" proviennent d'une communauté de valeur qui trouve sa source dans... l'occident politique de la première moitié du XXème siècle). En d'autres termes, la France n'a jamais été "occidentale" au sens que l'on donne au mot aujourd'hui (le seul qu'on puisse donner, étant donné que les autres sens sont soit caduques soit ne correspondent pas à une réalité concrète).

Donc les réalignements et ajustements diplomatiques, militaires, idéologiques, etc. sur la ligne occidentale (occidentiste, dirait Zinoviev) ne sont pas destinés à corriger certaines incohérence de l'histoire mais bien à orienter la France dans une voie qui n'est historiquement pas la sienne. Ca ne me dérangerait pas si c'était là son intérêt, mais je ne pense pas que perdre le statut d'exception diplomatique, de puissance militaire de premier ordre, de modèle social à part entière, de culture universaliste de renommée, pour acquérir à la place celui de caniche de la puissance en place soit vraiment l'intérêt de la France.

Publié dans Géopolitique

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Adrien 05/12/2009 15:33


Je vous trouve très convaincant sur la première partie, l'appartenance de la nation Française à l'alliance occidentale pouvait se justifier uniquement lorsque le totalitarisme menaçait les nations
européennes. Cette alliance était d'ailleurs pragmatiques, ils étaient conçus uniquement pour préserver les intérêts des nations, pas par idéologie. L'occident est une réalité géographique, peut
être historique mais certainement pas culturel ou politique.
En revanche je ne vous suis plus lorsque vous nous parlez d'Europe :
«De Gaulle disait "oui" à l'Europe européenne, "non" à l'Europe américaine»
Certes mais de Gaulle savait mieux que nous que l'union européenne ne pouvait être que Américaine. L'Allemagne ne cherche pas à créer un espace européen, politique, libre et indépendant. Elle
défend les intérêts de l'Allemagne et se sent très bien sous le parapluie américain.
Le couple franco-allemand ne marche plus depuis la réunification, il n'y plus de volonté européenne à Berlin, et je ne parle pas de Londres, de Rome ou de Madrid. L'ordre Français peut se suffire à
lui même, ce qui ne veut pas dire que nous ne pouvons pas avoir de partenariat stratégique avec les autres pays européens comme avec le Canada, l'Amérique latine, les pays méditerranéen ou la
Chine. Si l'on regarde l'histoire de France on constate qu'elle a bien sur toujours eu des liens avec ses voisins tout en se tenant à l'écart de tentations hégémonique. La France a toujours résisté
aux ordres supra nationaux. Je n'espère pas grand de l'Europe, il serait sage d'en sortir et de redescendre un peu plus prés du monde des hommes.
Cordialement Adrien.

Ps : votre blog est très pertinent, j'y trouve un espace de réflexion libre et complexe, je le fréquenterais dorénavant assidûment.


Brath-z 07/12/2009 09:24


Concernant la conscience qu'avait de Gaulle de la dimension amérique-unienne (j'utilise la proposition de M. de Boissieu de distinguer "américain", habitant du continent américain, et
"amérique-unien", habitant des Etats-Unis d'Amérique), je ne suis pas tellement convaincu : à mon avis, le général estimait que les Etats-Unis d'Amérique cherchaient à orienter la construction
européenne dans un certain sens, mais il me semble qu'il estimait également qu'on pouvait construire un rapprochement européen entre nations, une construction européenne "alternative" à l'Europe
supranationale défendue par M. Shuman etc.

Et puis de Gaulle a évolué sur la question européenne. En 1960, il me semble, il s'était prononcé en faveur de l' "Europe européenne", mais n'a pas réussi à imposer cette vision des choses aux
autres pays et a donc opté pour l' "Europe des nations". Source : http://www.gaullisme.net/definition-gaullisme.htm, au chapitre sur l'Europe.

En ce qui concerne l'Allemagne, depuis la réunification, elle tente à nouveau d'imposer les règles du jeu dans son espace traditionnel de domination : l'Europe centrale et orientale. Du coup,
depuis 1989, la construction européenne n'est plus dans son intérêt immédiat. Enfin c'est du moins ainsi que j'interprête les choses.


Brath-z 04/12/2009 11:30


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