Génocide, génocide, j'ai une gueule de génocide, moi ?

Publié le par Brath-z

Qu'est-ce qu'un génocide ?

 

Né au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale pour qualifier l'extermination des juifs opérée par le régime national-socialiste de Hitler et consorts, le mot « génocide » qualifiait à ce moment-là une extermination systématique motivée par un prétexte essentialiste (tuer les juifs par qu'ils sont juifs). C'est la définition qui figurait encore dans mon livre d'histoire de collège. Seulement depuis, avec l'extension de la loi Gayssot, on a qualifié également de « génocide » l'extermination des Arméniens opérée dans l'empire ottoman durant la Première Guerre Mondiale. Or, cette extermination était motivée par autre chose que l'arménité des Arméniens : le gouvernement « jeune turc » estimait en effet les Arméniens comme peu surs du fait de l'engagement d'un certain nombre d'entre eux côté français (l'empire ottoman s'était, lui, engagé du côté des empires d'Europe centrale). Désormais, la notion de génocide se rapporte semble-t-il à la seule extermination planifiée.

Mais on parle également de génocide concernant l'extermination des peuples autochtones des Amériques, laquelle n'a nullement été planifiée mais a été un « dommage collatéral » (désolé pour cette expression technicienne s'agissant d'un tel sujet) de la conquête des Amériques par les troupes espagnoles puis par les colons amérique-uniens. Ainsi le « génocide » change-t-il encore de sens pour devenir l'extermination de masse, qu'elle soit planifiée ou non, qu'elle soit ou non motivée par un prétexte.

 

De ce fait, en toute logique et en toute cohérence, on devrait dès lors accéder à la requête de Dieudonné M'bala M'bala de voir reconnaître comme génocide l'extermination massive des populations d'Afrique subsaharienne par le commerce triangulaire. De même que l'extermination des Aborigènes . De même que les conquêtes arabes dans l'actuel Maghreb. De même que les invasions germaniques en Europe centrale. De même que les massacres opérés par les troupes romaines en Afrique du nord. Etc., etc.

Et de même, bien entendu, que l'extermination actuelle du peuple palestinien, affamé et parqué dans ces charniers à ciel ouvert que sont la bande de Gaza et la Cisjordanie.

 

Bref, un sacré boxon en perspective. Et un peu plus de culture de la repentance, dont on a vu les effets néfastes sur la cohésion sociale ces trente dernières années.

 

Ou alors on arrête d'employer ce mot pour tout et n'importe quoi. On revient au génocide « extermination planifiée pour éliminer un peuple parce que tel ». Quant aux autres massacres que j'ai mentionnés plus haut dans cet article, ils sont, précisément, des massacres et des crimes contre l'humanité, ce qui suffit à les rendre inacceptables et inhumains.

 

En plus, avec la définition originelle du génocide, on aurait déjà fort à faire : outre les génocides nazis, on a droit à ceux perpétrés sur ordre de Staline (famine organisée en Ukraine : entre 5 et 8 millions de morts), ceux résultant des conflits ethniques en Afrique (Rwanda, Liberia, Darfour, etc.), en Asie (Cambodge, Chine), etc.

 

Enfin bon, je dis ça comme ça, moi. C'est que je n'ai pas envie de tomber sous le coup de la loi Gayssot...

Publié dans Mots d'humeur

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