Front de Gauche : les dernières péripéties

Publié le par Brath-z


J'écris cet article en remplacement du pseudo-truc mal construit que j'avais intitulé "politiquement orphelin ?" et que ne me plaisais guère. Je le réécrirai peut-être un jour, qui sait.

 

 

En tous cas, ce que vous avez à savoir à propos de cet ancien article, c'est qu'il explicitait mon positionnement : favorable à un parti résolument populaire, qui pèse, ne renie pas ses engagements au nom du « réalisme » ou, pire, de la « bonne gouvernance », fait suffisamment peur aux plus modérés pour qu'ils prennent en compte les aspirations et les intérêts du peuple. Je vois rétrospectivement (je suis né à la fin des années 1980) le PCF des années 1950 à 1980 comme une première aventure allant dans ce sens – malgré ses incohérences et ses défauts – mais à cause de considérations géopolitiques – changements successifs de doctrine d'état de l'URSS, notamment – il a dû jeter le bébé avec l'eau du bain, comme disent les Britanniques, et avec la défense inconditionnelle du « socialisme réel », remiser au placard la défense des travailleurs français. Ensuite, à la faveur de ce retournement (cette trahison, diraient certains), le FN s'est réorienté subtilement de la réhabilitation de Pétain à celle de la Nation française, de la défense de l'occident à celle de l'exception française. Il a donc durant toute la période 1980 à 2002 modifié son corpus idéologique et épistémologique pour y intégrer certaines des thématiques du PCF de Duclos, mais – surement à cause de son origine extrême-droitière – n'est pas allé aussi loin dans l'aventure. Je vois ensuite dans l'épisode Chevènement – « mittérandiste sous de Gaulle, gaulliste sous Mitterand », d'après le Nouveau Dictionnaire des Girouettes (1993) – une tentative avortée de récupérer ces thématiques réservées au FN et de les inscrire dans un cadre plus large. La dernière tentative en date, actuellement au stade embryonnaire, étant le Front de Gauche, et en particulier le Parti de Gauche, avec le président et fondateur duquel j'ai déjà indiqué avoir quelques affinités idéologiques, surtout depuis ses récentes évolutions intellectuelles.

 

Le Front de Gauche, tentative de ressusciter un mouvement populaire de masse, qui compte et ne sombre pas dans la compromission, donc, mais qui n'en mène pas moins des luttes politiciennes. Les élections régionales seront sa confirmation, et force est de constater que l'unité apparaît moins évidente, que les intrigues se font plus importantes, que la « politique politicienne » s'y invite plus souvent.




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Résumé des péripéties qui ont émaillé les derniers mois.

 

Un mot sur les dernières élections européennes

 

Le succès des listes du Front de Gauche* aux élections européennes dernières a confirmé l'efficacité d'une stratégie unitaire de l'« autre gauche ». En outre, le succès notable des listes d'Europe Écologie consacrait la fin de l'hégémonie du Parti Socialiste sur la gauche de la scène politique française. On se retrouvait donc avec éventuellement trois acteurs :

  • le Parti Socialiste, formation majoritaire de la gauche depuis les élections européennes de 1979, devenue hégémonique entre 1995 et 2009, qui dirige 20 des 22 régions métropolitaines et les 4 régions d'outre-mer

  • le mouvement écologiste Europe Écologie, aréopage de partis et mouvements de l'écologie politique surgie lors des dernières élections européennes (à quasi égalité avec le PS) et dont les élections régionales pourrait consacrer la pérennité

  • l'extrême-gauche, forte de trois courants dont deux ont réalisé des scores confortables (6,48% pour le FdG, 4,98% pour le NPA – seulement 6 listes présentées pour ce dernier) et qui, en cas d'union, pourrait orienter plus à gauche le centre stratégique de la politique française

 

C'est à cette dernière mouvance et, depuis l'échec de l'unité NPA/FdG, au Front de Gauche en lui-même que s'intéresse cette note.

 

La refondation du Front de Gauche

 

Le FdG s'est formé à partir d'une alliance ponctuelle entre le PCF moribond – qui avait décidé de se passer ce coup-ci de l'inféodation au PS –, du tout jeune Parti de Gauche issu du départ du PS de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez – qui s'est formé sur le modèle de Die Linke en Allemagne –, du Comité des Gaullistes de Gauche – petit mouvement qui peut peser, s'était rapproché du MRC de Jean-Pierre Chevènement, puis de DLR de Nicolas Dupont-Aignan, avant d'opter pour l'« autre gauche » – et de la Gauche Unitaire – issue d'un départ d'une fraction (très) minoritaire du NPA. C'était donc au départ une alliance électorale et programmatique qui n'était pas spécifiquement destinée à être durable. C'était une alliance entre mouvements politique, donc ni une fédération, ni un parti politique en soi.

Au sein des différents mouvements qui ont fondé le FdG ou qui l'ont rejoint durant la campagne des élections européennes, le seul à véritablement vouloir que cette alliance soit reconduite et pérennisée, y compris en dehors des périodes électorales, était le PG. Durant plusieurs mois, sa direction s'est attelée à la tache de reconstruire le Front de Gauche, non seulement en vue des élections régionales prochaines, mais aussi comme force politique en soi. L'adhésion des petites formations n'a a priori pas posé trop de problèmes, mais ils ne pèsent lourd ni électoralement ni stratégiquement, aussi leur adhésion ne signifiait-elle dans les faits qu'un élargissement du PG. C'est l'arrivée du PCF qui était l'objectif, le seul d'importance, pour présider à la refondation du front.

 

Durant plusieurs semaines, la direction du PCF mène des négociations, principalement avec le PG. Le PCF n'ayant plus le poids qu'il avait à une époque aujourd'hui reculée, sa seule autre alternative (s'il ne voulait pas disparaître financièrement et perdre ses élus dans les régions) était l'alliance avec le PS dès le premier tour. Une bonne partie de la direction et de la base était opposée à cette option, pour des raisons bien compréhensibles. Finalement, fin septembre, il semblait bien que c'était fait : le 26, le PCF, le PG et la GU cofondaient un « comité central permanent du Front de Gauche » afin d'« ancrer le Front de Gauche dans la durée ». L'aventure pouvait continuer.

Mais à l'extrême-gauche, il y avait principalement une autre grande force politique : le Nouveau Parti Anticapitaliste, né à peu près en même temps que le Parti de Gauche d'un élargissement de la LCR suite aux deux succès consécutifs – 4,25% en 2002 et 4,08% en 2007 – de la candidature d'Olivier Besancenot à l'élection présidentiel, qui avait réunit presque 5% des suffrages aux élections européennes de 2009. Il était parfaitement envisageable d'étendre le Front de Gauche à cette formation, ce malgré la présence d'ennemis historiques (le PCF et les sociaux-démocrates du PG) et de frères ennemis (la GU, fondée par l'éternel minoritaire de la LCR, Christian Picquet), au moins pour une alliance ponctuelle.

 

La tentative d'élargissement au NPA

 

Si le Front de Gauche était sur les rails, la stratégie adoptée par lui n'était pas encore très clair. Sa position, entre fin septembre et fin octobre, était assez précaire : mise à part la présence d'un comité central permanent, rien ne pouvait attester de son existence. Le PG émit par l'intermédiaire de son comité national, un texte où était prônée l'unité de toute la gauche hors PS et Europe Écologie, sans en préciser les modalités éventuelles (fusion dans une nouvelles formation politique ? fédération de mouvements ? simple union ponctuelle ?) ni la stratégie à adopter vis-à-vis des autres composantes de la gauche (autonomie totale ? fusions au second tour ? désistements réciproques ?). Le PCF n'émettait pas de stratégie claire et nette, notamment sur les relations avec le PS. En fait, la participation du PCF au comité permanent du Front de Gauche semblait ne pas impliquer la participation du PCF au Front de Gauche lui-même !

C'est dans ce contexte que le PS s'est une fois de plus divisé entre pro et anti alliance au centre, entraînant l'extrême-gauche dans la division entre pro et anti participation aux exécutifs conjointement au PS.

 

Le PG avait adopté une position a priori claire mais en fait assez ambiguë : oui à des « fusions démocratiques » de toute la gauche au second tour, derrière la liste arrivée en tête (donc le PS, Europe Écologie ou le Front de Gauche), mais non à une alliance au centre, c'est-à-dire à une participation du MoDem. Oui mais si le PS adoptait l'alliance avec le centre ? La position du Parti de Gauche, celle a fortiori du Front de Gauche (puisque outre la Gauche Unitaire, considérablement réduite en nombre, le PG était pendant cette période où le PCF était un pied dedans, un pied dehors, la seule force d'importance arrimée sans ambiguïté au FdG), était conditionnée par celle du PS. Situation pour le moins instable.

 

Le PCF était partagé entre deux courants :

  • les partisans de l'alliance, au moins au second tour, avec le PS, ceci de manière inconditionnelle, et donc la participation aux exécutifs régionaux avec le PS de toutes façons

  • les partisans de l'adoption de la position (assez ambiguë, on l'a vu) du Parti de Gauche, donc du conditionnement de la fusion (et donc de la participation aux exécutifs) à la décision du PS vis-à-vis du MoDem

Cette situation, invraisemblable au sein du parti de la rectitude monolithique par excellence, traduit une mutation (certains disent une actualisation) du PCF – comme en atteste de manière plus flagrante encore le maigre score d'à peine 55% avec lequel la direction a été reconduite en décembre 2008, quand du temps de Marchais une reconduction à moins de 75% était une terrible marque de désaveux -, divisée entre deux camps qui s'entendent pour maintenir le parti en vie (les partisans de la « pureté idéologique » réfractaires à toute alliance – donc à la survie du PCF – ayant, soit quitté le parti, soit été mis largement en minorité) mais pas sur la meilleure manière de le faire.

 

Le NPA était a priori plus clair : il disait un vibrant « non » à la participation aux exécutifs régionaux conjointement au PS (bizarrement, la question d'Europe Écologie s'est peu posée... probablement que la question d'une alliance avec la « réunion de la carpe et du lapin » ne se pose pas plus qu'avec le MoDem !). Sauf qu'ici comme ailleurs, il y avait division :

  • d'un côté, certains aimeraient participer au Front de Gauche, mais avec la garantie de ne pas fusionner au second tour dans des éventuelles listes de « toute la gauche » ou, pire, du PS

  • d'un autre côté, certains récusaient toute participation au Front de Gauche, et a fortiori aux exécutifs régionaux

  • enfin, certains n'étaient pas opposés à une participation éventuelle aux exécutifs régionaux, mais sur la base d'une concertation à la suite des rapports de force au sein de la gauche (en clair : « participation si nos idées sont majoritaires ») et avec la garantie donnée par les partenaires de ne pas trahir leurs engagements au nom du « réalisme » (ce que je ne peux qu'approuver, étant encore jeune et donc soumis à la vision romantisme de l'engagement politique qui change le monde)

 

Des tractations entre le FdG « effectif » (c'est-à-dire le PG et le PCF) et le NPA ont eu lieu, souvent à l'initiative de ce dernier, mais n'ont pu aboutir, précisément à cause de la question de la participation aux exécutifs régionaux. Les deux composantes de la gauche de la gauche ont donc, bon an mal an, entériné l'échec de l'alliance stratégique (je ne parle même pas des points d'achoppement programmatiques) et se sont résolues à faire chacune campagne, non pas comme « concurrentes », mais comme « alternatives ». Prière de ne pas rire.

C'est donc dans ce contexte de désunion qu'ont eu lieu les dernières péripéties, certaines plus anecdotiques que d'autres, certes.

 

PCF, combien de divisons ?

 

A la mi-novembre, en même temps que les ultimes négociations avec le NPA échouaient, les conférences régionales du PCF votaient sur la stratégie à adopter. Habituellement, la stratégie prônée par le comité national est adoptée sans coup férir, mais apparemment, la métamorphose du PCF n'est pas achevée : sur les 22 régions métropolitaines, 18 seulement ont opté pour l'alliance avec le PG et la GU au sein du Front de Gauche pour proposer « une offre différente du PS et d'Europe Écologie au premier tour », les 4 restantes optant pour l'alliance dès le premier tour avec le PS.

Certains ont scruté attentivement leur carte de France et sont aperçus que ces 4 régions dont les dirigeants communistes locaux avaient décidé de s'allier au PS dès le premier tour étaient celles... où le Front de Gauche semblait avoir le moins de chances d'atteindre le plancher de 5% des suffrages nécessaire pour la fusion, et où l'on pouvait donc craindre qu'il n'y ai plus d'élus communistes. Ces mêmes commentateurs en ont tiré la leçon que le PCF était désormais devenu opportuniste, puisque là où ses positions sont menacées, il fusionne dès le premier tour avec le PS pour avoir une garantie d'avoir des élus, là où le Front de Gauche a de grandes chances de passer la barre de la fusion, il opte pour l'indépendance... et la fusion au second tour. Sans aller jusque là, je soulignerais que le temps d'un PCF monolithique est désormais totalement achevé, et que ce parti me semble avoir intégré le « réalisme », avant peut-être, d'intégrer la « bonne gouvernance » puis la « realpolitik ».

 

Fin novembre, les militants ont voté. Dans 19 régions, ils ont entériné les choix des conférences régionales, s'y opposant en Poitou-Charentes en refusant l'alliance avec le PS et en Bretagne et Basse Normandie en s'opposant au contraire à des listes autonomes de celles du PS. Donc au total, en Bretagne, Basse-Normandie, Bourgogne, Champagne-Ardennes et Lorraine, le PCF ne participera pas au Front de Gauche, au risque de donner l'impression d'une incohérence et d'un opportunisme nuisible à terme pour le Front de Gauche lui-même.

 

Écolos et gauchos : une histoire d'amour ?

 

Jean-Luc Mélenchon n'a jamais caché son évolution vis-à-vis de l'écologie : d'abord issu de la « gauche charbon et acier », il a prit pour des hurluberlus sympathiques ces alarmistes un peu paranoïaques, avant de prendre conscience des problèmes et thématiques environnementales. Mon avis, bref, sur la question, est que l'écologisme est, au contraire de l'écologie – qui est une science dont les praticiens se nomment écologues –, une escroquerie, et qu'elle présente en plus la dangereuse tendance qui consiste à vouloir placer des arguments scientifiques à la base de sa pensée politique, ce qui conduit à terme à vouloir remplacer les décideurs responsables devant le peuple par des experts montés par la courtisanerie et la cooptation. Ceci étant dit, il est vrai que ces mouvances écologistes ont ceci de positif qu'elles ont introduit de nouvelles données dans le logiciel de réflexion des acteurs de la vie politique.

Donc, Jean-Luc Mélenchon s'est mit à réclamer une « planification écologiste », à introduire l'importance de la préservation de l'environnement dans la balance, etc. Une conversion ni forcée ni totale, puisque par ailleurs, les points d'achoppements avec Europe Écologie et même avec Les Verts restent extrêmement nombreux. Mais le Parti de Gauche est désormais ouvert aux thématiques et même au dialogue avec Europe Écologie. A tel point que M. Mélenchon a débattu à la télévision avec M. Cohn-Bendit dans le cadre de l'avant campagne des élections régionales.

 

Là, ça a été finement joué : « Jean-Luc » propose à « Dany » une « proposition » « là, maintenant, sur le plateau » : « Nous pouvons, si nous voulons, avoir un accord préalable au deuxième tour. C’est-à-dire que nous, le Front de gauche, et vous, les Verts, nous pouvons nous entendre et à ce moment-là nous sommes la majorité à gauche. Moi je suis prêt à le faire quel que soit celui de nous deux qui est devant l’autre. Si c’est vous, c’est vous. Si c’est nous, c’est nous. Peut-être que ça sera souvent vous, on verra.  En attendant, si l’on est ensemble, on est partout majoritaire, on est partout devant, en tête de la gauche. Il y a une condition : pas de MoDem ».

C'était très finement joué. Si Cohn-Bendit dit « oui », ça fait les affaires du Front de Gauche, qui souhaite avant tout peser à gauche, ce que le refus d'alliance du NPA a mine de rien rendu incertain. S'il dit « non », ça mettra en avant une communauté de vue entre Europe Écologie et le MoDem, au point d'adopter sur une alliance avec lui la même position que le PS, donc de déliter l'image « de gauche » d'Europe Écologie. Cohn-Bendit a dit « non ».

Mais c'était aussi très maladroit : apparemment, avant de faire en direct cette proposition, Mélenchon n'avait pas consulté les alliés du PG au sein du Front de Gauche ; pire ! il n'avait pas consulté ses alliés au PG ! Si Cohn-Bendit avait dit « oui », de quelle manière auraient-ils réagi ? Bon, pour le PCF, pas de problème, à part une déclaration de principe, il n'aurait rien fait pour empêcher ce qui fait son affaire. Mais au sein du PG et surtout à la GU, ça aurait posé problème.

 

Heureusement donc que Cohn-Bendit a refusé la main tendue par Mélenchon. Cependant, l'aventure écologiste ne s'arrête pas là. Martine Billard, ancienne des Verts, est la nouvelle porte-parole du PG, et le nouveau logo du parti est sans équivoque (voir ici, comparez avec l'ancien au début de l'article). Sans compter ce slogan : « ÉCOLOGIE – SOCIALISME RÉPUBLIQUE ».

Bon, je ne vais pas me plaindre, il y a « république », même si j'aurai plutôt adhéré à un mot d'ordre du type : « NATION – DÉMOCRATIE SOCIALISME », ou mieux : « LIBERTÉ – ÉGALITÉ FRATERNITÉ ».

 

Bal tragique au NPA – un mort : la majorité

 

La semaine dernière, le NPA a lancé une grande consultation sur la stratégie à adopter. Trois motions étaient présentes, qui représentaient sensiblement les trois tendances que j'ai décrites plus haut. Comme je suis une radasse, je vais faire du copier-coller :

  • la motion A, celle soutenue par l'essentiel de la direction, reprend en gros ceux qui, entre septembre et novembre, auraient aimé « participer au Front de Gauche, mais avec la garantie de ne pas fusionner au second tour dans des éventuelles listes de « toute la gauche » ou, pire, du PS »

  • la motion B, soutenue notamment par la fraction l'Étincelle (issue de l'Union Communiste – Lutte Ouvrière), rassemble ceux qui « récusaient toute participation au Front de Gauche, et a fortiori aux exécutifs régionaux »

  • la motion C, celle des « unitaires », qui sensiblement rassemble ceux qui « n'étaient pas opposés à une participation éventuelle aux exécutifs régionaux, mais sur la base d'une concertation à la suite des rapports de force au sein de la gauche (en clair : « participation si nos idées sont majoritaires ») et avec la garantie donnée par les partenaires de ne pas trahir leurs engagements au nom du « réalisme » »

Les scores ont été respectivement de : 36,3%, 28,5% et 31,5%. Ouïe ! Quasi égalité ! Quelle va être l'attitude à adopter ?

En fait, lors du congrès national qui aura lieu après-demain (j'écris cet article le vendredi 11 décembre 2009), devrait émerger, si on en croit Pierre-François Grond, responsable de la direction du parti, une synthèse qui fonctionnerait comme ceci : « acter l'échec d'un accord national avec le Front de gauche (A+B), mais continuer localement à poursuivre les démarches en vue d'accords unitaires locaux (A+C) »². Après avoir moqué ouvertement la position semblable du PCF, on pourrait donc voir émerger dans un gros tiers des régions une participation du NPA au Front de Gauche.

 

Finalement :

 

Après une reconduction difficile et un élargissement manqué, le Front de Gauche semblait se déliter totalement en même temps que le PCF se divisait, tandis que le PG se mâtinait d'écologisme et mettait en lumière la préférence « centriste » de Daniel Cohn-Bendit, mais la division du NPA pourrait bien faire progresser le projet et, en cas de réussite et malgré les divisions qui le traversent actuellement, notamment sur la question des têtes de liste , ouvrir la porte – enfin ! à une union large et durable de l'extrême gauche. Resterait, pour ma satisfaction personnelle, que cette union deviennent, comme je l'ai indiqué en début de cette (longue) note : «  un parti résolument populaire, qui pèse, ne renie pas ses engagements au nom du « réalisme » ou, pire, de la « bonne gouvernance », fait suffisamment peur aux plus modérés pour qu'ils prennent en compte les aspirations et les intérêts du peuple ».

 


* : 6,48% des suffrages au total et 5 élus pour 7 listes – dont une de l'Alliance des Outre-Mers, soutenue par le FdG et qui a d'ailleurs eut un élu – et jusqu'à 8,2% des suffrages – 21% pour la liste AOM – quand les sondages donnaient entre 4% et 5% au maximum - chiffres tirés comme souvent de l'excellent site france-politique.fr, de M. de Boissieu


² : Je tire cette citation d'un article de Marianne sur le sujet

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