Races et politique

Publié le par Brath-z


Vous le savez tous, le racisme c'est mal. Enfin j'espère vivement que vous le savez.

En plus d'être mal, le racisme, c'est idiot, puisqu'il est bien connu qu'il n'existe pas de races. Ou alors il n'y en a qu'une, c'est cette fameuse "famille humaine" mentionnée en préambule de la sacro-sainte Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Il n'y a pas de races, parce que c'est comme ça, on a dit que c'était pas bien de dire qu'il y ait des races alors voila. Ce pauvre Levy Strauss, auteur du superbe ouvrage Races et Histoire doit s'en mordre les doigts.
C'est vrai qu'au nom des races, on en a fait, des choses horribles : on a théorisé l'infériorité des populations africaines sur les européennes, au sein des populations africaines (particulièrement les "mélanotypées" comme disent les bien pensants dont je me targue d'être) on a établi plus ou moins l'inégalité des populations de l'est sur celles de l'ouest. En Europe, certains ont essayé aussi, mais comme tout le monde établissait sa propre supériorité sur les autres, personne ne pouvait se mettre d'accord. On a aussi, toujours au nom des races, déplacé des populations entières, voire procédé  des exterminations massives et systématiques.
Donc les races, c'est pas bien, et comme c'est pas bien de croire qu'elles existent, ben elles existent pas.

Est-ce bien si sûr ?

C'est qu'il faudrait savoir, une race, c'est quoi ?
Le terme "race" n'est pas un terme vraiment scientifique. Dans certains cénacles de biologie, on veut imposer ce terme comme l'ensemble des individus d'une même espèce qui, dans des conditions normales (donc dans la force de l'âge, sans maladie grave ni infertilité), peuvent se reproduire suivant le classique processus incluant un mâle et une femelle. Selon cette définition, il n'y aurait alors qu'une unique race incluant tous les humains, race qui appartiendrait à l'espèce... humaine ! Et oui, on emploie depuis si longtemps l'expression "espèce humaine" que le commun des mortels refuserait de lui voir transposer celui de "race humaine" alors que l'espèce, elle, viendrait englober aussi bien humains que bonobos ou horang-houtans. Bref, l'horreur, on contoie des singes !

Puisque cette tentative de donner au mot "race" appliqué aux êtres humains un sens scientifique a lamentablement échoué, il faut bien en revenir aux fondamentaux : une race, c'est une conception empirique (le mot savant pour dire "pifométrique") qui, en fonction de critères physiques objectifs (taille, nombre de membres, rendement de lait, couleur, forme du crâne, capacité ou incapacité d'ingérer tel ou tel aliment...) range un certains nombres d'individus dans une catégorie. Pourquoi donc ? La réponse est evidente : pour l'élevage (et la domestication d'une manière plus générale et étendue) ! Il existe ainsi des races de vaches, de poules, de cochons, de chiens, de chats, etc. Et c'est vrai qu'un caniche, objectivement, ça présente certaines disparités physiques avec un bouledog. Pour autant, y en a-t-il un qui puisse être jugé supérieur à l'autre ? A priori, le bouledog est plus fort physiquement, il est réputé pour avoir une machoire puissante et des gestes vifs sous son aparence de flemmard. On pourrait croire qu'un certain succès pour la chasse, donc pour la survie, en ferait un meilleur chien qu'un caniche. Sauf que le caniche, lui, est très rapide, proportionellement à sa masse musculaire. Il peut aussi sauter très haut. Mieux, dans un terrain défarovable (les marais), il ne s'enlise presque jamais et peut à loisir chasser les volailles qu'il adore.
En fonction des critères choisis, le bouledog ou le caniche pourra être jugé supérieur à l'autre. Mais cette supériorité s'inscrit dans un cadre précis, elle n'est pas une valeur générale valable en tous temps ni en toutes circonstances. Il n'y a pas d'infériorité consubstancielle du caniche par rapport au bouledog, ni inversement. Il y a juste les caniches d'un côté, les bouledogs de l'autre, et peut-être quelques batards au milieu (pauvre femelle caniche !).

Qu'en est-il alors pour l'homme ?

Depuis que les européens ont découvert les joies de l'anthropologie, ils se sont efforcés de classer les hommes dans des cases. Avant on disait des races, aujourd'hui des types. Apparemment, les ethnies c'est encore autre chose, j'avoue ne pas être expert en la matière.
Evidemment, l'un des premier critère retenu par nos anthropologues du XIXème siècle fut la couleur de la peau. N'en déplaise à M. Zemmour, ce critère ne peut guère être retenu comme caractéristique d'une race. Pour la simple et bonne raison que, sélection naturelle aidant et malgré les dénégations de quelques religieux, l'évolution fait que la couleur de peau change très rapidemment, à peine quelques centaines d'années. Une preuve ? Prenez un australien typique, mettez-le à côté d'un brittanique. Une petite différence de teinte de peau, non ? Ils ont pourtant les mêmes ancètres.
La population australienne provenant éssentiellement des îles britanniques, elle se fait décimer en masse par les cancers cutannés. Comme ils font des gosses, leur population ne faiblit pas trop, mais par contre, elle se basane perceptiblement d'une génération à l'autre. D'ici quelques siècles, sauf fin prématurée de l'espèce humaine, les australiens seront tout aussi sombre que leurs prédécesseurs aborigènes.
Donc la couleur de peau n'est vraiment pas un critère objectif permettant de distinguer les "types" d'êtres humains. D'autres, telles la forme générale du crâne, la position des yeux, la taille du nez, la capacité à ingérer ou non le lactose, etc. le seraient surement plus. Bien con cependant serait celui (ou celle, soyons pas sexiste !) qui en déduirait la supériorité intrinsèque d'une race sur l'autre. Tout simplement parce que outre le fait qu'un raisonnement scientifique induit que ces critères objectifs ne sont pas quantifiables en termes de capacité à survivre (selon l'endroit où l'on vit, des yeux renfoncés ou au contraire sayants permettent de mieux vivre) - ce qui serait le seul critère acceptable permettant la hiérarchisation des races -, tout le monde (y compris les nippons, malgré les proclamations répétés de certains responsables japonais quant à la pureté de leur ethnie) est un batard, c'est-à-dire un croisement de plusieurs races.
Le fait qu'il existe en théorie des "races pures" n'induit pas, loin de là, que quelqu'un sur Terre est réellement issu d'une unique race. Outre les modifications dûes aux changements géographiques et/ou climatiques, les échanges entre ethnies et groupes sociaux (bien souvent racialisés jusqu'au XIXème siècle) font que plus personne n'a la moindre chance d'être "pur". D'ailleurs, à part par le biais de la consanguinité, je ne vois guère de moyen de rester "pur"... et objectivement, la consanguinité, ça mène à des "fins de race" comme on qualifia autrefois certains souverains européens dont les parents et grands-parents avaient abusé du touche-pipi entre cousin-cousine voire frère-soeur.

Bref, sociologiquement, les races existent. Cependant, les hiérarchiser, c'est faire preuve de mauvaise foi. Le faire au nom de la science, c'est un sacrilège (pas touche à la science !). Savoir dans le détail quelles sont les races, c'est le boulot des biologistes et (surtout) des anthropologues, voire des ethnologues. Savoir s'il faut les appeler "race" ou non, c'est aux politiciens d'en décider, même si je maintiens que ça paraîtrait logique vu qu'on l'emploi pour les autres espèces du genre animal.

Cependant, puisque les races n'induisent pas de différence autres que physiques entre les citoyens d'un pays, étant donné que les "origines raciales" (concept nébuleux à définir... ou pas, en fait) ne conditionnent pas de mode de pensée (les seuls à considérer que les origines influent sur le mode de pensée sont les marxistes, et ils pensent aux origines sociales, eux), établir une différence de traitement des citoyens fondée sur la race est de la discrimination et doit être considérée comme telle. J'irai plus loin : considérer politiquement les races est un crime de lèse-république. Agir ainsi, introduire le concept de race en politique, c'est précisément appuyer là où ça peut faire mal historiquement et établir à terme une discrimination. C'est faire sauter le tissu social, révoquer les principes égalitaristes et fraternalistes qui fondent notre république (et dont la majorité des systèmes républicains se sont inspirés). C'est là un comportement bien dangereux, vous en conviendrez.

En conclusion, je dirai que les races existent biologiquement - et qu'établir une hiérarchisation entre elles est un absurdité - mais qu'elles n'ont pas à être considérées dans la sphère du politique, où la seule communauté ayant vocation à exister est la communauté nationale, laquelle ne peut exister que tant qu'à condition que le racialisme n'entre pas en ligne de compte.





Bon, je vous laisse, tonton Dolphy va nous conter une histoire...

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HerbeDeProvence 02/09/2009 23:55

Oui je comprend bien les dangers à hiérarchiser.
Mais d'un autre côté la pure négation du concept de races aboutit à des absurdités encore plus dangereuses. La discrimination positive en est un exemple:
Si il n'y a aucune hiérarchie de l'intelligence par exemple, comment expliquer la sous-représentation des noirs à des postes à responsabilité ou le sous-développement de l'Afrique? Les noirs par des associations comme le CRAN ou un tas de pseudos intellectuels répondent que l'explication se trouve dans le "racisme" des blancs et que pour lutter contre ce racisme il faut imposer des quotas raciaux ou faire payer aux occidentaux le retard qu'ils ont imposé à l'Afrique.. puisque c'est de leur faute.
Finalement sortir la race de la politique partait d'un bon sentiment et pouvait fonctionner tant que les noirs au pays des blancs étaient archi-minoritaires, mais le résultat aujourd'hui après une immigration massive semble pire que tout ce que nous avions imaginé. le "non-dit" de la race est devenu une véritable croyance conduisant à des absurdités comme la discrimination positive. Absurdités dangereuses pour la paix civile.

Brath-z 03/09/2009 00:30


Pour moi, il n'est pas question de nier les races (je pense d'ailleurs que je pourrai m'attirer des ennuis en soutenant qu'elles existent, vu le climat délétère d'aujourd'hui), mais il n'est pas
question que la race entre en ligne de compte dès lors que l'on aborde le domaine du politique. "Politique", c'est "défendre l'intérêt de la cité", de la société. Ca se fait avec tous les citoyens,
sans distinction de race (ni de religion, ni d'origine géographique ou sociale, etc.).

Je ne dis pas qu'il n'y a aucune hiérarchie de l'intelligence (quoique... déjà "intelligence", c'est fumeux, comme concept, mais bon, je ne vais pas gloser), mais qu'il y a différentes manières de
hiérarchiser et qu'aucune ne répond au seul critère structurant l'évolution et la pérénité : la survie. Donc selon ce que tu veux étudier ou mettre en lumière, tu pourras appliquer différentes
hiérarchies, mais il n'y en a aucune qui soit valable hors de son domaine particulier.

La couleur de peau n'est vraiment pas structurante d'une race, mais admettons, je vais répondre en partie à ton exemple :
Concernant la sous-représentation des noirs à des postes à responsabilité, la raison m'en semble évidente : elle n'existe pas vraiment. Parce que le pays "occidental" dans lequel il y a le plus de
noirs sont les USA avec 12% de la population, je crois. Pour des raisons tenant à l'inertie sociale qui a, je crois, toujours existé dans les sociétés européennes, les "communautés nouvellement
arrivées" (on va dire présentes en quantités suffisamment importantes pour n'être pas négligeables) se retrouvent à devoir gravir tous les échelons sociaux dans les mêmes proportions que ceux qui
étaient déjà là. Ce processus prend du temps. Il prend même plus de temps lorsque la "communauté" considérée arrive "en masse". Peut-être que la société agit par capilarité, je ne sais pas, je ne
suis pas sociologue.

Concernant le sous-développement de l'Afrique, c'est simple : ce "sous-développement" est estimé à partir d'éléments structurant qui n'ont jamais atteint l'Afrique autrement que par invasions,
colonisations et impérialisme. Je m'explique : le concept de "développement" tel que nous l'entendons n'était pas compréhensible par les africains (spécialement au sud du Sahara) avant l'arrivée
des populations européennes aux XVIIème et XVIIIème siècles. La colonisation n'ayant pas duré assez longtemps pour totalement anihiler la manière de voir le monde des populations autochtones
africaines, l'immense majorité des habitants de l'Afrique vivaient à la manière de leurs ancètres (plus ou moins), c'est-à-dire pas du tout en structure étatiques, encore moins avec une structure
sociale de hiérarchisation fondée sur la possession de moyens de production (c'est le marxiste en moi qui remonte). Lorsque les états à moitié inventés par les européens (à moitié car souvent
fondés sur UNE caractéristique, avec une vision par le petit bout de la lorgnette) sont devenus indépendants, leurs dirigeants n'ont eu de cesse d'imiter les états puissants du monde et donc de
tenter d'adapter leurs populations à un mode de vie qu'elles n'avaient jamais recherché par elles-mêmes. D'où inadaptation certaine.
Tu imagines si une tribue africaine était devenue assez puissante et avait pu étendre sa domination assez loin pour conquérir des terres européennes (en admettant que les innovations technologiques
et militaires européennes de l'époque n'aient pas suffit à nous défendre) ? Adapter le système tribal à des populations habituées à l'individualisme et à la hiérarchie sociale ? Quel décalage
sociologique... Il faudrait nous dominer par la force pendant des siècles avant que nous abandonnions notre niveau de vie, et si dans l'intervalle le conquérant repartait, et que nos gouvernants
(alors chefs de tribus) voulaient nous imposer avec leurs faibles moyens - comparativement aux conquérants d'avant - le système tribal africain (en imaginant que les tribus d'Afrique dominent le
monde militairement et économiquement), je crois que nous y serions terriblement inadaptés.

Le problème de l'Afrique, c'est en fait qu'elle a perdu son mode de vie (ou plutôt ses modes de vie) par la force et ne l'a pas remplacé.

Au passage, ma petite histoire fictive (et terriblement confuse, je le confesse) est exactement ce qu'il s'est produit sur les territoires européens avec l'adaptation des populations celtiques et
germaniques au mode de vie médditéranéen. Une partie des terres occupées par des populations germaniques a été abandonnée par l'envahisseur latin à peine un siècle à peine après sa soumission, lors
de l'éffondrement de l'empire... ça a été LA zone de non-droit et de sous-développement de l'Europe naissante pendant cinq siècles, située à peu près à la hauteur de l'actuelle Bavière.


HerbeDeProvence 02/09/2009 23:25

C'est bien gentil tout ça, très correct, mais hélas si les races existent et elles ne sont pas égales entre elles. Et c'est la science qui le dit, oui oui la science la vraie, pas celle d'axel kahn ou d'albert Jacquart.
tiens à titre d'informations:
http://www.charlesdarwinresearch.org/French.pdf

et ça pour les différences de QI selon les races (en fait par nationalité mais bon hein)
http://www.douance.org/qi/qicorrel.htm

Maintenant on peut en tirer les conclusions qu'on veut, ça n'empêche que la dignité humaine devrait être la même pour tous, ainsi que les droits et devoirs devant la loi. Mais il est bon de ne pas dire n'importe quoi et surtout d'utiliser la science pour ne pas lui faire dire ce qu'elle dit...

Brath-z 02/09/2009 23:44


Si tu utilises "ne sont pas égales entre elles" dans le sens de "sont différentes", alors je suis d'accord. Si tu l'utilises dans le sens "il y en de supérieures sur d'autres", je ne le suis pas.
J'ai d'ailleurs expliqué pourquoi dans l'article : le seul critère objectif sur lequel fonder une éventuelle supériorité de race est la capacité à survivre et perdurer. Or, force est de constater
que les différences entre races sont objectivement dues au milieu dans lequel évoluent les individus. Force est également de constater (j'aime bien cette expression) que les races sont chacune bien
adaptées à leur milieu de vie. Cela du fait de la sélection naturelle (que l'on fausse depuis deux siècles environ, au passage, ce qui fait que l'idée de base du film Idiocracy n'est peut-être pas
si sotte).

Ceci-dit, tant que tu ne l'exprimes pas publiquement (puisque c'est hiérarchiser les races, donc faire du racisme, ce qui est punissable pénalement), tu as le droit de penser qu'un bon critère de
hiérarchisation est la taille du cerveau.
Pour d'autres, ça sera peut-être le quotient masse musculaire/masse totale. Tout dépend dans quel contexte tu raisonnes. Je maintiens qu'en valeur absolu, il n'y a pas de critère qui permette de
hiérarchiser intrinsèquement les races.

Quant au test de QI, sachant qu'il n'a pour ainsi dire pas été modifié depuis sa création, qu'il était de l'aveux même de Binet destiné "aux enfants de race blanche, de culture chrétienne et
présentant des défauts d'intelligence". De toutes façons, un test "empirique" au résultat interprétable dans un contexte psychologique et qui m'accord 140 points, je ne lui fait pas confiance (et
je parle du vrai test de QI, avec entretien psychologique approfondi, pas des conneries qu'on trouve sur facebook ou M6).