Pour des raisons, je déménage ce blog. Retrouvez donc mes élucubrations à cette adresse : http://meselucubrations.hautetfort.com . Merci à toutes et à tous.
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Pour des raisons, je déménage ce blog. Retrouvez donc mes élucubrations à cette adresse : http://meselucubrations.hautetfort.com . Merci à toutes et à tous.
Ca y est ! Je
l'ai lu, ce Qu'ils s'en aillent tous ! Vite, la révolution citoyenne ! Et je dois dire que j'ai été limite déçu. A voir et entendre les réactions qu'il a suscité dans les médias, je dois
dire que je m'attendais à un brulot autrement plus radical. En fait, J.-L. Mélenchon prouve qu'on peut garder une grande modération et faire preuve d'une pédagogie exemplaire en proposant rien
moins que la sortie du capitalisme. C'est important, de ne pas passer pour un excité, dans notre temps médiatique.
Sur le fond en lui-même, j'emet quelques réserves quant au discours, notamment en matière d'écologie. D'ailleurs, à titre personnel, je me refuse à utiliser ce terme. Je lui préfère celui, moins ambigu, d' "environnementalisme", au risque de passer aux yeux de l'écologie politique officielle pour un dangereux réactionnaire. C'est la même démarche, d'ailleurs, entreprise par M. Mélenchon lorsqu'il rabat le caquet de ceux qui prétendent "sauver la planète". Sauver l'écosystème qui permet à l'humanité de vivre, c'est sauver l'environnement. Il y a quelques leçons à tirer de cette distinction.
Aussi, j'ai constaté avec plaisir que, dans ce livre, J.-L. Mélenchon s'abstenait d'adopter une position trop dogmatique en matière d'alternative au nucléaire. Vues les (nombreuses) défiances à l'égard de la géothermie, notamment en matière de santé publique, il serait pour le moins malavisé d'en faire la panacée. Là, dans ce livre, il s'est abstenu en la matière du jugement péremptoire qu'il a manifesté dans de nombreuses émissions télévisuelles et radiophoniques au cours des derniers mois. En disant (je cite de mémoire) que "des scientifiques de haut niveau [l'ont] aiguillé sur la voie de la géothermie", il laisse très clairement entendre que d'autres solutions sont tout à fait envisageables. Surtout, il laisse la main à la science et à la technique pour trouver les solutions de substitution à l'énergie nucléaire actuelle. Car il en est d'autres, paraît-il, qui, quoique reposant sur l'exploitation de l'énergie nucléaire, seraient moins nocives. Un type un peu illuminé comme Jean-Pierre Petit les expose d'ailleurs depuis des années à travers son site internet, ses brochures et même les bandes dessinées pédagogiques qu'il concote pour la jeunesse.
Passons sur le volet environnementaliste et énergétique et abordons à
nouveau le point qui fache : la Chine. Dans son ouvrage, contrairement à ce que j'ai pu entendre ici ou là, il ne se contente pas de poser l'alternative en les termes "la Chine ou les États-Unis
d'Amérique, il faut choisir". Du tout. Au contraire, il y cite la nécéssité d'une entente avec la Russie et il dénonce la tentation mondialiste du G2, cette régence partagée entre Chine et
États-Unis d'Amérique. Il est dommage qu'il n'ai su, face à ses contradicteurs, mettre en avant ces positions bien plus subtiles que les caricatures qu'on a voulu en faire. Quant à l'altercation
entre lui et Michel Sérillon lors de l'émission "Vivement Dimanche" du sept novembre dernier sur les droits de l'homme en Chine, je trouve qu'il s'y est très mal débrouillé. En effet, il eût pu
alléguer de deux choses complémentaires : d'abord, tel n'était pas le propos de son livre, qui porte exclusivement sur le point de vue français. Ensuite, était présente dans son livre un passage
très clair sur la question (et sur bien d'autres), que je cite de mémoire : "Le régime chinois ne nous convient pas. Les conditions de vie des Chinois ne nous conviennent pas. Très bien. Mais
faut-il pour autant s'interdire de nouer avec eux un partenariat qui nous serait profitable au lieu de rester inféodé aux États-Unis d'Amérique ?" Bref, il serait de l'intérêt de la France de
nouer un tel partenariat.
Au risque de me répéter, je tiens quant à moi à écrire clairement ma position : compte-tenu du passif des relations établies entre nos deux pays depuis Saint Louis, de la position
actuelle de la Chine dans le monde et dans les économies occidentales et européennes et du présent assujétissement de toute la portion financière de notre économie nationale aux États-Unis
d'Amérique dont le comportement vis-à-vis de leurs alliés et partenaires, depuis leur création il y a un peu plus de deux siècles, est pour le moins peu fiable (la liste des longue de leurs
alliés floués à leur seul bénéfice, et la France y figure déjà depuis longtemps et a eu à subir à de nombreuses reprises leur filouterie), il serait souhaitable que soit en effet noué un
partenariat particulier entre la France et la Chine. Mais ce partenariat ne doit pas être trop étroit, car la Chine a eu et aura à l'avenir des prétentions impérialistes (qui ne se traduiront pas
nécessairement en termes militaires) et que, pour la première fois de l'histoire, une puissance à la fois fortement importatrice et exportatrice dispose des moyens de peser sur l'économie
mondiale. Il ne faut pas nous mettre nous-mêmes dans une situation où un allié circonstanciel (mais y a-t-il d'autres alliances que circonstancielles ?) pourrait nous tenir à la gorge. C'est
pourquoi je préconise, en préhalable à l'échaffaudage d'une telle relation avec la Chine, l'établissement d'un partenariat étroit avec la Russie, avec laquelle nous pouvons établir une relation
plus équilibrée, ce qui nous permettrait de faire peser en partie cette autre grande puissance historique, diplomatique et géostratégique dans nos relations avec la Chine.
Je l'avoue, je ne me tiens pas aussi bien informé de l'actualité politique que je le devrais, pour tout un tas de raisons. Aussi, c'est avec un délai de quelques jours que je suis informé du "clash" (comme on dit) Dupont-Aignan/Montchamp.
Résumé pour ceux qui n'ont pas suivi : Mme Marie-Anne Montchamp, qui était la porte-parole de République Solidaire, le mouvement pro-Villepin (je préfère cette appellation à "villepiniste" qui laisse croire à une orientation politique précise et distincte de la ligne UMP), a intégré le gouvernement, ce qui a fait bondir Nicolas Dupont-Aignan, candidat officiel à la présidence de la République (je lui souhaite un bon score, même s'il est probable que je voterai pas pour lui, sauf situation catastrophique dans la gauche sociale), qui lors de l'émission Les Grosses Têtes (connue pour son bon goût à toute épreuve et la finesse de ses analyses) a qualifié "tout ça" (c'est-à-dire l'intégration au gouvernement de personnes a priori éloignées du "camp" sarkozyste) de "prostitution politique", le premier mot ayant choqué Mme Montchamp.
Bon, une bisbille comme il y en a dix par mois depuis dix ans. Mais ça m'intéresse.
Pas simplement parce que j'aime bien qu'en politique on sorte des sentiers battus du langage convenable. Pas simplement parce que cette n-ième polémique verbeuse met en jeu un personnage que j'apprécie et estime (NDA, pas Mme Montchamp), mais parce qu'elle marque le premier exemple (à mon avis, mais j'ai peut-être manqué une episode*) de dénonciation des "ouvertures" façon Sarkozy.
Je m'explique : lorsqu'à peine élu le gouvernement a intégré des personnes estampillées "à gauche" (même si... bref) comme MM. Kouchner ou Bockel, l'explication officielle de ces personnages a été : "nous y allons par amour pour la Patrie, parce que nous pouvons travailler pour la France indépendamment de nos étiquettes". Et dans la plupart des médias, ceux qui n'abondaient pas dans leur sens estimaient que c'était là un coup finement joué, et personne (pas même moi) ne s'offusquait de cette justification de la compromission. C'était abnégation ou coup politique, mais certainement pas opportunisme ni "gammelle", ce n'était pas déshonnorant, et j'ai même lu (sur le site du Figaro, je crois) un parallèle avec de Gaulle, qui lui aussi savait s'entourer, lorsque les circonstances l'exigeaient, de personnes "de gauche", voire estampillées "socialistes".
Aujourd'hui, enfin, on dénonce ce système de l'association de la carpe et du lapin pour ce qu'il est : une fumisterie déshonnorante. Déshonneur pour les individus qui cèdent ; déshonneur aussi pour la France dont le gouvernement devient agrégas d'opportunistes sans principes.
Vous me direz : des opportunistes, de l'ouverture, il y en a depuis les débuts de la Vème République.
Vous n'aurrez pas tort. Mais il y a des différences.
D'abord, sous de Gaulle : on sortait d'un régime de coallitions, l'adhésion se faisait sur la personne du général, qui donnait la direction générale de la politique de la Nation et confiait la gestion des affaires aux personnes qu'il estimait les plus capables. Le clientelisme était évidemment très présent, de même que les collusions incestueuses entre politique et milieux financiers et industriels. Mais dans l'ensemble, on avait des hommes d'état, comme on dit. Des gens attachés à la personne de de Gaulle, voire simplement à la France, qui étaient près à mouiller la chemise pour faire aller le pays dans la direction indiquée, nonobstant leurs propres réserves.
Sous ses successeurs Pompidou et Giscard d'Estaing : on a grosso-modo la même orientation, avec un recentrement sur la droite toutefois, et un clientelisme encore accru (et pourtant, Dieu sait qu'il était déjà important sous de Gaulle...).
Sous Mitterrand : comme exposé dans cette note, l'ouverture de Mitterrand était nécéssaire pour gouverner avec une majorité fluctuante mais assurée et stable et elle s'est traduite par des compromis dans la politique menée (et quels compromis ! mais c'est une autre affaire...), et si la part était belle aux opportunistes de tous poils, au moins contribuaient-ils à faire exister une ligne gouvernementale qui, sans cela, n'eut pas même existé dans le paysage politique français.
Sous Chirac : malgré l'élection phare de 2002 (je passe sous silence son premier mandat, marqué par la plus grande cohabitation qu'on ai connu jusqu'à ce jour), l'homme politique préféré des Français n'a pas étendu son gouvernement au-delà de l'UDF. C'était déjà suffisant pour avoir une "ouverture" à sa manière, avec cohabitation pèle-mêle de dirigistes et libéraux, autoritaires et libertaires, etc. Mais en gros, la politique menée avait une ligne à laquelle chacun était astreint, et ceux qui ne se pliaient pas à la discipline gouvernementale devaient fermer leur gueule ou démissionner (ah ! ce bon mot de Jean-Pierre Chevènement, on ne s'en lasse pas). Au moins, la ligne était claire : je mène une politique libérale-démocrate mâtinée de social-démocratisme (?) droit au centre, mais seulement avec les gens de mon camp.
Tandis que là, plus rien n'est clair. La ligne gouvernementale n'est même pas tirée à hue et à dia, elle est inexistante ! Dans ces conditions, intégrer le gouvernement, c'est chercher une place. C'est tout. Aucun engagement, aucune conviction qui puisse tenir face au vide intersidéral.
Trahir pour ça, c'est vraiment aller à la soupe.
* : Le féminin du nom commun "épisode" est attesté depuis le XVIIIème siècle. C'était juste pour faire mon snob.
A l'occasion du récent conflit social opposant gouvernement et syndicats sur la question de la réforme des retraites a surgit la question de la légitimité du « mouvement social ». L'occasion de revenir rapidement sur l'histoire de la contestation populaire en France et de sa légitimation progressive.
Depuis le règne de Louis VI au début du XIIème siècle, le roi de France est passé du statut de suzerain des Grands (c'est-à-dire un rapport de fidélité personnelle des seigneurs au roi) à celui de souverain du royaume (c'est-à-dire dirigeant légitime indépendamment de sa personne propre). Concrètement, ce changement de statut entraîna la consolidation de la France, qui passa d'union circonstancielle consécutive au morcellement en trois morceaux de l'empire de Charlemagne et aux menaces multiples et permanentes d'invasions (Maures, Barbaresques, Normands, Hongrois, etc.) à véritable institution politique, ce qui entraîna la formation plus ou moins parfaite de la fameuse pyramide féodale sur les deux principes de Suger (« tout fief procède d'un autre fief » et « seul le roi n'a de seigneur »), c'est-à-dire la mise en place d'un ordre social pratiquement incontesté (en tous cas pas fondamentalement) dont le roi occupait la tête et qui déterminait clairement l'ordre des pouvoirs.
Certes, dès le règne du petit-fils de Louis VI, Philippe II (dit Philippe-Auguste), la pyramide féodale enregistra de gros ratés (les « communes » et « villes franches » court-circuitaient la hiérarchie en se plaçant directement sous l'autorité du roi, qui ajouta à son statut de « seigneur des seigneur » celui de « premier parmi les seigneurs »), mais l'autorité du roi était suffisamment inscrite pour paraître sinon naturelle, du moins dans l'ordre des choses. Dès lors le droit du roi a prit le pas sur le droit des seigneurs au point que sous Louis IX (Saint Louis) on n'a plus trouvé que trois droits : royal, religieux et coutumier. L'autorité publique provenait désormais du seul roi, et il la tenait de Dieu, du Peuple et du Clergé.
La contestation des politiques royale et seigneuriales a alors le seul visage de l'illégalité. Les protestations paysannes et autres jacqueries, ainsi que les premiers mouvements « bourgeois » (c'est-à-dire d'habitants des bourgs), sont réprimés dans le sang. Ni le roi ni les seigneurs n'avaient à en tenir compte. L'ampleur de certains mouvements, à partir particulièrement du règne de Jean II le bon (fait captif par les Anglais des années durant) pendant la guerre de cent ans, força certes la main aux souverains de France, et de temps à autre furent satisfaites certaines revendications formulées (comme lors des nombreuses « guerres des farines » qui émaillèrent l'histoire de France du XVème au XVIIIème siècles), mais il s'agissait là d'initiatives royales motivées par la charité chrétienne.
Bien sûr, l'aspect « rapport de force » jouait à plein dans ces situations, mais sans que cela soit jamais formalisé. Le peuple se soulevait, le roi allégeait ses souffrances, mais il n'y avait pas lieu d'y voir une relation de cause à effet.
Et puis il y eut la Révolution. Son prélude étaient les manifestations, nombreuses, qui réclamaient que Louis XVI reprit Necker pour gérer le royaume, puis qu'il réunisse les États Généraux. Ces manifestations étaient menées par les parlements du pays, notamment celui de Paris, et le roi leur avait explicitement cédé. L'exemple anglais avait déjà montré qu'on pouvait influencer le pouvoir par le jeu du rapport de force au sein des institutions. Mais c'étaient de ces institutions légales que partait la contestation. La contestation populaire n'avait aucune légitimité en soi, elle n'était qu'une illustration, qu'un accompagnement.
Tout au long de la Révolution le pouvoir oscilla entre légitimation et délégitimation de la contestation populaire. Le « peuple », c'est-à-dire le peuple de Paris, exerça à certaines périodes une influence directe sur les orientations politiques du pays, tandis qu'à certaines autres on lui nia tout droit à intervenir. L'Empire et la Restauration replacèrent la protestation populaire dans le camp de l'illégalité, mais les institutions elles-mêmes intégrèrent à diverses doses des biais légaux par lesquels une partie (restreinte) du peuple pouvait influencer l'orientation politique suivie. La monarchie de Juillet et la deuxième République s'inscrivirent dans cette optique, quoiqu'elles élargirent successivement la base de la population qui pouvait influer légalement sur les institutions et conférèrent à ces institutions des pouvoirs plus étendus. Mais les journées de juin 1848 démontrèrent à l'évidence que le pouvoir jugeait encore illégitime la contestation populaire, du moins dans la rue. En reconnaissant les organisations ouvrières et en levant le pas sur la censure politique de la presse, le second Empire mit en place malgré lui les premiers « contre-pouvoirs » durables (certes il y eut une presse libre sous les premières années de la Révolution, jusqu'à la contre-révolution de 1795, ainsi que sous la deuxième République, jusque vers mai 1849). La reconnaissance du droit de grève et la législation sur les manifestations au vingtième siècle donnèrent pour la première une légitimité à la contestation « de la rue », rebaptisée « démocratie sociale » par le PCF dès les années 1920, en écho (et non en opposition comme veut le faire croire Frédéric Lefebvre, avec sa finesse habituelle) à la « démocratie représentative ».
De ce tableau grossier tracé à grands traits on peut tirer plusieurs leçons :
- fondamentalement rien n'a changé : c'est toujours à la faveur de l'établissement d'un rapport de force que la contestation peut influer sur l'orientation politique adoptée
- la légitimité de la contestation populaire n'est pas une évidence en soi et s'inscrit dans un processus d'institutionnalisation et d'encadrement législatif, qu'il est intéressant de mettre en rapport avec l'intériorisation du rôle de l'état comme seul détenteur légitime de la violence
- la construction la plus aboutie (jusqu'à présent) de légitimation de la contestation est la notion de « contre-pouvoir » jugé nécessaire à la « bonne santé démocratique », qui fait de la contestation une variable comme une autre du « jeu démocratique » au même titre que les institutions représentatives ou la presse libre et critique
Passons maintenant à la partie plus discutable de cette note : mon avis sur la contestation récente de la réforme des retraites.
J'estime que dans cette histoire le pouvoir a joué sur le sentiment d'abattement et le profond légalisme des Français pour se permettre d'ignorer superbement la contestation populaire. D'après le mythe Thatcher, cette position « courageuse » ferait du président Sarkozy un « habile réformateur » en même temps qu'un « homme à poigne ». Cependant, ce faisant, il s'est exposé à deux risques.
D'abord, il a contribué un peu plus à l'élargissement du fossé entre citoyens et dirigeants, les premiers ayant l'impression de plus en plus accrue que les seconds ne se soucient pas d'eux et vivent entre eux, en vase clos, sur leur dos qui plus est. Une version réactualisée de la « république des copains et des coquins » qui devrait malheureusement dégoûter davantage encore de nos concitoyens des cadres institutionnels légaux de notre république (après le déni complet du vote du 29 mai 2005) et pousser soit à l'illégalisme (sur le mode des anarchistes de la fin du XIXème et du début du XXème siècles, façon « bande à Bonnot ») soit au rejet généralisé (« qu'ils s'en aillent tous », comme le dit si bien M. Mélenchon en reprenant le slogan des révolutions légales d'Amérique du sud).
Ensuite, il a définitivement grillé la carte du « dialogue social » qu'il prétendait auparavant incarner, ce qui va pousser les syndicats (plutôt timides, jusqu'à présent) à ne plus rien lui passer et donc à être plus combattifs, et donc à être plus influents car mieux reçus chez les travailleurs (enfin ça c'est ma théorie), ce qui peut conduire à terme à un net renforcement de leurs effectifs (aujourd'hui 7% des salariés environ, de mémoire) et de leurs moyens d'action. Actuellement, la grève générale et/ou reconductible voire illimitée n'est pas une option que peuvent se permettre les syndicats. Cela pourrait le devenir si les syndicats se remplumaient et reprenaient du poil de la bête.
En jouant le coup de force, le pouvoir parie sur la pérennité du caractère policé et encadré de la contestation populaire. Mais en refusant de reconnaître au « mouvement social » (comme on dit aujourd'hui) son caractère de « contre-pouvoir », il brise le pacte récemment conclu de « civilisation de la contestation » et choisit sciemment de courir le risque d'un retour à la contestation violente. C'est une position défendable en soi, mais il faut avoir les moyens d'en assumer les conséquences. Ainsi, bien que je n'estime pas intrinsèquement illégitime la position adoptée par le pouvoir (à l'inverse, par exemple, de Laurent Mely sur son blog), on me permettra d'estimer qu'en ces temps d'affaiblissement chronique (soigneusement entretenu) de l'état le pouvoir ne les a absolument pas, ces moyens.
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